1/24/2012

Tobin or not Tobin ?

OK, la blague de titre est sûrement un peu pourrie et réchauffée, mais pour le cas où personne ne l'aurait faite, je ne pouvais la manquer.

Or donc, après la crise de 2008 et déjà quelques temps auparavant les Français avaient fait oeuvre de proposition universelle et d'adoration taxophilique (oui, l'Homme politique français est taxophile) en proposant de taxer les transactions financières. Certes l'idée est alléchante et il n'y a guère que les Français pour s'attaquer à ce genre de propositions. Qui d'autres ne pouvaient pas ne pas envisager de trouver une taxe indolore, impersonnelle et représentant un magot permettant de sauver le tiers monde ?

Comme par ailleurs, l'argent qui circule est forcément porteur de valeurs avilissant l'Homme, il semblait naturel de mettre à l'amende ces mouvements financiers incontrôlés.

La fameuse Taxe Tobin apparue en 1972, et mise au goût du jour, va résoudre nos problèmes... mais la situation de 1972 n'est plus la même qu'aujourd'hui et l'idée originelle de modérer la volatilité des taux de change en taxant les transactions monétaires risque de se perdre dans les traverses du surréalisme financier.

Ce qui étonne dans cette approche c'est que personne ne soulève la problématique de savoir ce que l'on va taxer. Abordé autrement, est-ce qu'il ne serait pas malsain de taxer un flux nauséabond et ainsi le blanchir ? Si la Finance avilit l'équilibre planétaire, ce n'est pas tant parce que l'argent circule que parce que plus personne ne comprend pourquoi et pour qui cet argent circule. A grands renforts de discours volontaristes, les politiques se sont targués en 2008 qu'ils allaient remettre des règles de bon fonctionnement car c'était au Politique qu'il appartenait d'établir les règles de bonne conduite. Mais comme les Politiques sont plutôt mauvais en matière économique, ils se sont rabattus sur ce qu'ils maîtrisent le mieux. Tirer profit en taxant.

Quitte à mettre en place un système pervers s'accommodant de fonctionnements hors normes pourvu que ça rapporte. L'argent n'a pas d'odeur dit-on, mais là ça pue un peu.

10/09/2011

L'initiation à la moto

Encore une bonne idée du législateur qui dans la pratique illustre les principes kafkaïens. Les "tricycles" étant désormais accessibles aux conducteurs équipés du permis automobiles, pour des cylindrées allant bien au-delà du 125cm3, le législateur - sûrement un peu poussé par les Assureurs, a décidé de prendre quelques mesures afin que tout nouveau conducteur prenne le temps de s'habituer à son nouvel engin.

Pas de problèmes sur le principe. C'est vrai qu'avec l'explosion du nombre d'acquisitions de 2 et 3 roues, et surtout la puissance proposée par les 3 roues (250, 300, 400 et maintenant 500 cm3), il est quand même préférable que celui qui n'a jamais touché ce genre d'engins dans sa jeunesse fasse quelques petits exercices.

L'Assurance vous impose du reste de pouvoir justifier de ce stage d'initiation à la conduite. Oui, mais voilà... rendez-vous pris pour cette "initiation" au 3 roues, vous découvrez que ladite initiation sera réalisée sur une moto 125 cm3 (avec vitesse en plus).



"Effectivement, puisque c'est pour l'acquisition d'un 3 roues, le mieux est que vous veniez avec."
"???? euh, comment dire, moi ça me va. D'ailleurs, je préfère car à mon avis il y a sûrement une légère différence d'usage entre une moto 125 de base et le MP3 Business. Mais comment je fais pour l'assurance ?"
"Vous serez couvert pendant les heures de stage."
"D'accord, mais pour venir et repartir, je suppose que non ?"
"Non, effectivement".

L'initiation est donc à pratiquer avec circonspection (en sus du casque et des gants). Pour être légale, elle doit être réalisée sur un engin inappropriée à votre acquisition. Pour être efficace, elle doit être pratiquée en bordure de légalité.


7/01/2011

De l'origine de la Djellaba

En ces temps reculés des première vagues d'immigration des peuples arabes qui se livraient ainsi à une Croisade inversée, avant que Charles Martel ne décide de taper du poing sur la table, les soldats de ces contrées lointaines portaient des tenues vestimentaires fort particulières. Sortes de longues robes bouffantes, ces uniformes étaient parfaitement adaptés aux conditions climatiques de ces régions désertiques, ensablées et ensoleillées. Un peu moins pour nos régions tempérées, voire continentales. 

Ainsi donc, lorsque les premières cohortes rentrèrent au pays - au bled dit-on parfois alors que cela n'a strictement aucun rapport avec l'art grammatical tel qu'expliqué par Bescherelles, ils durent affronter maintes questions sur les peuplades barbares qu'ils avaient rencontrés là-haut, dans le Nord. Immanquablement, car la nature humaine est ainsi faite, les discussions ne manquaient d'aborder le sujet de la météo. "Et au fait, il fait quel temps là-bas ? On raconte que parfois, ces sauvages ne voient même pas le soleil de plusieurs jours". Sur quoi le spadassin répondait invariablement : "Il se peut qu'en Bretagne, on ne voit pas le soleil de plusieurs jours, mais on n'a pas eu le temps d'y arriver. Par contre, je peux te dire qu'avec nos tuniques : Ah, tu te gèles là-bas !". 

Voilà, "tu te gèles là-bas" par contraction orthophonique devint au fil du temps Djellaba... 

 


6/07/2011

06 juin 1944

Tout est parti d'un Twitt de @churchill reprenant quelques vers, à défaut de verres ce matin là, de Verlaine remasterisé par Trenet.

Aussitôt les agences se sont emballées et le CNR annonçait sur son blog le début des opérations clandestines afin de restreindre la bande passante, empêchant toute avancée des flux allemands.

La presse officielle n'avait pas le temps de mettre à jour ses unes, mais tout le monde était déjà au courant de l'avancée des opérations grâce à Google Maps qui ressemblait vraiment à une carte de Risk.

Bien entendu, les vidéos sur Youtube montraient la férocité des combats mais, forts des "Like" et du nombre de consultations, les séquences n'arrêtaient pas de s'enchaîner. Dès la fin de la journée, les premiers "stop motion" permettaient de créer des vidéos de très belles factures. Il n'empêche que ce qui connaissait le plus de succès étaient ces videos de bidasse se gaufrant au sortir des barges. Un vrai bêtisier. Enfin, il faut citer quelques twitts qui n'étaient pas en reste : "l'eau est froide et les balles pleuvent !"; "il faut sauver le soldat Meg ryan !"... Pour suivre toute l'actualité de ces événements, nous vous conseillons le hastag "overlord". 

 

 


5/30/2011

Alerte au concombre tueur !

A l'instar d'un titre de film de série B (voire quelques lettres plus loin), la France est cernée, attaquée par des concombres. Rien à voir avec le concombre masqué quoique l'absurde ne soit jamais très loin.  

Concombre tueur : 3 cas suspects en France 

Bruxelles alerte sur des concombres contaminés venant d'Espagne

On ne sait si ces concombres sont donc contaminés par les vaches espagnoles ou les saucisses germaniques, toujours est-il qu'il est fortement recommandé de manier avec précaution ses concombres et en tout état de cause, de se laver les mains pour éviter toute contamination germique. 

Une ligne de défense potentiellement exploitatble par DSK qui aurait expliqué avoir ressenti une démangeaison tenace à la base de son curbitacé, raison pour laquelle il était aller laver l'objet du délit à grandes eaux sous la douche avant de finalement se résoudre à solliciter une décontamination manuelle de son pistil. 

 

 


4/23/2011

Se mettre sur son 36, l'explication...

En Août 2005, je découvrais que les Canadiens utilisaient l'expression "se mettre sur son 36" tandis que nous utilisions en France l'expression "se mettre sur son 31". 

Je pense avoir trouvé l'origine de cette expression au cours de la lecture d'un des 3 livres de Pierre Pevel de sa série "Les lames du Cardinal". Il semblerait que sous Richelieu, les gardes du Cardinal étaient payés tous les 36 jours... On reconnaît bien là la simplicité du Cardinal ! Donc, tous les 36 jours, les gardes se paraient de leurs plus beaux atours pour aller percevoir la paye. 

Voilà, j'ai l'impression d'avoir été utile à la progression de la connaissance. 

 


10/03/2010

Belles ou moches, elles motivent

L'eau,et la piscine en particulier, embellit les femmes. Non pas que ce soit bon pour leur corps, ça c'est leur problème, mais parce que la piscine a tendance à améliorer les formes. En fait, ça déforme les formes, mais dans une déformation positive. Ou alors, c'est mes lunettes. En même temps, si c'est juste les lunettes, Afflelou, le prochain truc qu'il devrait inventer c'est des lunettes de piscine pour voir dans la rue, comme dans une piscine. Je vais pas me replonger dans mes cours de physique, mais il doit y avoir un truc d'ondes réfractaires qui ne retiennent que cet qui est potable. Ce qui est pratique quand il s'agit de flotte. 

Bon ceci étant la physique aquatique a tout de même ses limites et quand c'est moche, flasque, gros et lipidineux, t'as beau mettre de l'eau chlorée autour et des lunettes de piscine qu'Afflelou t'a envoyé en avant-première parce qu'il a compris que t'es un nageur influent, et ben y a un moment ça se voit que c'est pas possible. 

Or donc, quand vous nagez, deux lièvres s'offrent à vous. Le canon, voire le canon arrangé qui concerne celles dont l'environnement arrange tout. Et le boudin (ou la bouée, si votre humeur du jour est plutôt portée à dériver dans l'eau). Finalement, que ce soit l'un ou l'autre, le principe est que la motivation à se dépasser est la même. Pour le premier type de lièvre du genre canon, vous nagez forcément un peu plus vite que lui car votre lièvre il est quand même du genre féminin et que des Manaudou hors club c'est quand même assez rare. Donc, vous nagez un peu plus vite car ça serait un peu louche que vous passiez votre temps tel un remora à une longueur de son séant qui n'arrête pas d'onduler au rythme de deux globes fermes mais mobiles... enfin, bon, ça serait louche. Donc, dans ce cas-là, le principe c'est de dépasser votre muse aquatique de sorte à devoir accélérer encore et encore pour reprendre la longueur d'avance qui vous la fait perdre de vue. En même temps, si vous tombez sur Manaudou, normalement, c'est elle qui fera l'effort pour vous, de vous dépasser j'entends. Faites un schéma  ce sera plus clair. Concernant le deuxième lièvre du genre boudin, ou bouée, et ben pareil, sauf que là vous avez tendance à accélérer pour que cela sorte de votre champ de vision. 

N'y pensez pas trop quand même lors de l'effort, ça a tendance à faire sourire ou pire, rire, et là, c'est la tasse assurée. 


8/09/2010

Biographie de la faim - Amélie Nothomb

Biographie de la faim  Respectant son rythme, Amélie Nothomb nous livre ici un angle autobiographique couvrant la période de l'enfance et pour partie de l'adolescence. Comme le titre l'indique la faim est le fil conducteur. Mais pas seulement la faim physique. La faim de découverte, de curiosité, de l'esprit, des cultures. Avec en guise d'introduction un premier chapitre consacré aux îles Vanuatu tout à fait étonnant, qui me conforte dans mon idée que la satiété facile ne produit rien de bon. Ceux qui sont toujours en train de quémander des financements supplémentaires pour soit disant pouvoir assurer leurs tâches devraient y trouver une bonne source d'inspiration et de réflexions.

Comme d'habitude, c'est bien écrit, riche en vocabulaire, entraînant, instructif, vif, drôle... On suit donc Amélie dans ses pérégrinations familiales diplomatiques du fait du métier de son père. Japon, Chine, Etats-Unis, Bangladesh. Autant d'univers différents présentés à travers les yeux d'une enfant un peu en avance sur son temps, sur son âge, douée d'une faculté de mémoire, d'analyse et d'acuité hors norme. Faire le constat à 7 ans qu'on a déjà tout vécu, cela peut déstabiliser, mais je comprends. 

Pour ma part, je m'attache de plus en plus à cet auteur.  


4/13/2010

Les Zoumains

Nous avons découvert lors de notre dernière odyssée d'exploration dans la galaxie du Cenfaure, une planète en tout point similaire à notre bonne vieille Terre excepté que ses habitants, les Zoumains, semblent fonctionner, par une espèce d'ironie caustique du Grand Créateur cosmique, sur un système de valeurs en tous points opposés au nôtre. Comme une sorte de miroir permettant de préserver le grand équilibre intersidéral. 

Chez les Zoumains, il est ainsi interdit de dire la vérité. Il est obligatoire de mentir. Dire la vérité, selon eux, correspond à décrire la réalité telle qu'elle est. Autrement dit, cela revient à figer ce qui est, à créer de l'immobilisme. Chaque réponse de Zoumain est ainsi une invitation à l'interprétation dont il faut bien comprendre les codes pour être à même de saisir les nuances permettant de faire la part des choses entre ce qui relève de l'anti-réponse pure et simple, de ce qui constitue une invitation à développer l'imaginaire et ainsi permettre à l'innovation de progresser. 

Chez les Zoumains, il est bien vu de tuer son prochain dès lors que ce dernier constitue un handicap pour la société. Le faible ou le non-conforme, le marginal n'a pas sa place car il est freine la dynamique générale de la société qui cherche à avancer le plaus rapidement et le plus efficacement possible. Nombre d'affrontements ont lieu, qui produisent toutefois rarement des morts définitives, étant donné que ceux qui survivent sont globalement du même acabit. Vous l'aurez compris, les Zoumains sont des forces de la nature, comparés à nous autres, Terriens. 

Chez les Zoumains, la notion de respect du prochain est donc absente. Le respect de son prochain implique un échange afin de comprendre les forces et faiblesses. Cela demande des échanges qui ne visent qu'à mieux connaître l'autre. C'est sans fondement chez les Zoumains qui considèrent par défaut être communs. Si tel n'est pas le cas, l'affrontement n'est pas loin dès lors qu'une différence de faiblesse est identifiée. 

Chez les Zoumains, la notion de propriété est absente. Il ne s'agit toutefois pas de partage communautaire comme nous pouvons le rencontrer (de moins en moins je vous le concède) chez certaines tribus terriennes. Le Zoumain se sent une obligation de déposséder son prochain et d'accumuler un maximum de biens appartenant à autrui. L'accumulation à outrance est ce qui permet par certains côtés de définir un équivalent de notre statut social permettant de distinguer des classes d'appartenance entre les humains. Mais cette notion de classe est là-encore un non sens chez les Zoumains qui visent globalement à l'homogénéité. Le simple fait que tout le monde se sente propriétaire de toute chose provoque au final une moyenne de possession qui répartit finalement plutôt mieux les choses que chez nous autres Terriens. Chaque objet est ainsi soumis à un mouvement permanent empêchant toute accumulation dépréciative. 

On pourrait croire à la lecture de ce récit que c'est inconcevable, mais je vous assure que tout cela est bien vrai, pour l'avoir vu de mes yeux et avoir eu l'opportunité de passer un peu de temps auprès des Zoumains. Tout cela procède d'une variante de ce que nous appelons l'équilibre des forces, mais dont la polarité est inverse de la nôtre. 




3/08/2010

Joseph Kessel - L'heure des châtiments

C'était en 2009, les 30 ans de commémoration de la mort de Joseph Kessel. A cette occasion, les éditions Tallandier publient une collection, sous la direction de Jean-Claude Zylberstein, qui reprend les articles publiés par Joseph Kessel en sa qualité de journaliste. 

L'Heure des châtiments couvre la période qui va de 1938 à 1945. Il y a la guerre civile en Espagne, le début de la Guerre, la débâcle française, la résistance, la victoire, le jugement de Pétain et Nuremberg. 

La qualité d'écriture de Joseph Kessel est une chose rare. Outre sa qualité de savoir où il doit être au moment où c'est le plus nécessaire (Madrid, Rethel, Dunkerque, Marseille, Londres...etc.) - ce qui en soi est déjà un avantage certain sur le commun des journalistes, il sait par ailleurs raconter le détail qui permet de comprendre la globalité d'une situation. C'est à chaque fois un geste, un fait, une couleur, une parole... qui permet de saisir l'atmosphère dans son ensemble, sa perspective présente et historique. Comme si en chaque situation, un point particulier cristallisait la globalité et qu'en mettant en relief ce point on permettait de saisir le tout. Sans talent, nous nous retrouverions avec une collection de faits divers comme le font la plupart des journalistes... 

Et on se prend à rêver, ou à regretter, de ne connaître personne de ce calibre à notre époque...