8/31/2007

Kleptocrate

Un bien joli mot que celui-ci, kleptocrate (du grec klepto - vol, et kratos - souveraineté), vous ne trouvez pas, pour désigner des dirigeants qui abusent de leur position pour s'enrichir personnellement. Je ne sais pas si ce mot a déjà été utilsé en France. Je l'ai trouvé chez nos amis du Guardian à propos d'un Président africain, dont je ne me rappelle plus le nom ni le pays, mais qui était a priori en train de se classer parmi les 10 plus importants pilleurs de l'Afrique de ces dernières décennies... Le mot était tellement beau, il résume et définit tellement précisément la globalité du concept, qu'il m'en a fait perdre le fil de la lecture.


8/30/2007

Il ne s ' agit que de litt érature

Mon gros lapin blanc,

Comme je vous l'exposais précédemment, je ne suis pas d'accord avec vous quant à votre position sur l'informatique que l'on trouve dans votre livre Odeur du temps : " L'informatique fournit des réponses, ce sont surtout des questions qu'on va chercher dans les livres."

L'informatique n'est qu'un outil. Elle n'est que ce que l'homme en fait. Lorsque je vous lis dans Le Figaro on-line, il s'agit bien des mêmes mots et interrogations que ceux qui sont édités dans la version papier. La littérature a existé avant Gutenberg. Elle existera bien après l'informatique que nous connaissons. Les libraires existent depuis la Grèce. Je doute que les librairies de l'époque ressemblaient aux librairies du siècle dernier. Pas plus que les librairies actuelles ne ressemblent à Amazon. C'est pourtant le même métier. Etre un lieu où des auteurs vont rencontrer des lecteurs. Comment pourrai-je vous expliquer que l'informatique, surtout avec le développement de la connexion en réseau, n'est qu'un pas de plus depuis Gutenberg. Depuis quelques années, Internet est devenu une vaste anit-chambre de production littéraire. Je sais qu'on aura beau jeu de comparer les ouvrages classiques avec quelques sites pris au hasard chez Skyblog pour en conclure que la comparaison est impossible. Vous ne me ferez pourtant jamais croire qu'aux siècles précédents, tout le monde avait le talent d'un  Hugo, d'un Maupassant, d'un Chateaubriand, d'un Musset, d'un Baudelaire...etc. Ces gens là n'étaient qu'une petite élite qui produisaient des textes pour une élité à peine plus importante. Si l'on avait eu les moyens de conserver les traces littéraires des communs des mortels de l'époque, cela serait certainement aussi affligeant que ce que nous lisons parfois au travers d'Internet. Au début, peu de gens écrivaient, peu de gens lisaient. Avec l'imprimerie, peu de gens écrivaient, beaucoup pouvaient lire. Désormais, beaucoup peuvent écrire, beaucoup peuvent lire. Il ne s'agit toujours que de littérature ! Je vous l'assure. De la mauvaise littérature en général, mais bien réelle, d'où peuvent se détacher quelques perles de talents. Qui puis-je vous conseiller : une Anne Archet dont les petits écrits sont toujours trucculents, un Ron l'infirmier, un Versac (dans un style moins romanesque mais où l'on sent une "plume" certaine), un Vinvin...(pardon pour les autres, mais je ne cherche pas à faire ici un classement) il y en a des milliers comme cela qui sont doués d'écriture et dont, comme pour certains romans, on a du mal à lâcher l'écran lorsqu'on commence à les lire. Certains ont déjà d'ailleurs attaqué leur mue pour être édité sous forme papier. Il n'en reste pas moins vrai que leur véhicule premier c'est l'informatique. Mais leur talent, ils ne le doivent ni à l'informatique, ni à d'autres moyens de transcriptions. D'ici peu le papier aura disparu. Certes on ne pourra pas corner la page de l'écran plastique souple que l'on aura en main, on stockera la dite page dans un signet électronique. Cela n'aura pas l'odeur du carton et de l'encre. Mais bon, nos papiers d'aujourd'hui n'ont certainement rien à voir avec nos parchemins d'antan. Je crois me rappeler que Claude Imbert dans un édito du Point avait parlé de ces lecteurs d'époque qui ne supportaient pas les nouveaux livres issus de l'imprimerie par comparaison avec les ouvrages réalisés par les moines copistes sous le prétexte que les premiers étaient forts laids et sentaient mauavis. Je vous concède que ce qui est perturbant, c'est qu'il n'y a plus de filtres entre les auteurs et les lecteurs. Mais les filtres eux-mêmes peuvent avoir leur ratée. Proust n'a-t-il pas eu besoin de s'éditer à compte d'auteur pour "A la recherche du temps perdu", son manuscrit ayant été refusé par le comité de lecture de la maison Gallimard (merci Gide) ? On n'est pas passé loin de la catastrophe, non ? Peut-être avons-nous déjà vécu une catastrophe sans le savoir ? C'est sûrement Borges que vous connaissez bien qui donne la meilleure définition de ce qu'est un blogueur : "Je n'écris pas pour une petite élite dont je n'ai cure, ni pour cette entité platonique adulée qu'on surnomme la masse. Je ne crois pas à ces deux abstractions, chères au démagogue. J'écris pour moi, pour mes amis, et pour adoucir le cours du temps."

Ce qui me chagrine le plus, c'est que comme lors de tous les changement d'époque, les acteurs économiques ont du mal à se remettre en question. Les Editeurs devraient être les premiers à s'impliquer dans le capital des plates-formes d'hébergement de blogs, qui sont des maisons d'éditions qui s'ignorent. Si ces entreprises de services en ligne n'étaient pas seulement aux mains d'ingénieurs informatiques et autres marketeux... Saviez-vous que la plupart des gens qui écrivent au travers de l'informatique et publient sur Internet payent pour cela ? Ce devrait être l'inverse pour bon nombre. Les lecteurs dans les maisons d'éditions devraient passer du temps à aller dénicher des blogueurs ayant du talent. Les maisons d'éditions devraient travailler au transfert d'auteurs de blogs ayant du succès pour les rapatrier chez eux, dans leur section édition de livres, ou éditions électroniques. Je me permets de vous citer (8 mars 1980 à propos de l'entrée de Margurite Yourcenar à l'Académie) : "Comment sortir du guépier ? Il m'a semblé - me trompé-je, que le meilleur moyen, et sans doute le seul, était de parier sur le talent." 


J ' ai bon espoir

Si j'ai été quelque peu critique sur la qualité des productions sur le Web au travers de quelques notes, notamment avec l'usage exponentielle de fomes d'expressions limitées à quelques centaines de caractères, je garde bon espoir.

D'une part, Pierre a relayé ici et des publications récentes qui me semblent constituer une prise de conscience pouvant être le prélude - soyons optimiste, d'une volonté prochaine de revaloriser la qualité à la quantité (toujours ce mouvement permanent de "breath in / breath out").  Si j'ai été quelque peu déçu du peu de réactions à ma note concernant Guantanamo - mais il n'est jamais trop tard, je viens de prendre connaissance avec un certain plaisir du coup de sang de Cyril concernant son engagement pour venir en soutien aux internautes chinois qui doivent se battre non seulement contre un système qui veut éviter 1 milliard de voix discordantes, mais également contre les entreprises américaines (Yahoo et MSN en l'occurrence) qui courbent l'échine, l'économie rapportant plus que la politique. Si son opération me paraît un peu tardive et précipitée (5 jours de préparation seulement), après tout "il ny'a pas d'efforts inutiles, Sisyphe se faisait les muscles" comme aimait à le dire Roger Caillois.


Peut-être que par la suite, le prochain combat concernera ce centre de tortures extraterritorial américain... Pour le coup, on pourra élargir le cercle des entreprises à boycotter pour les inciter à balayer devant leurs portes.


Sinon, l'actualité ne manque pas de combat à livrer plus proche de nous : "Réservée aux chercheurs, l'une des plus grandes archives du régime nazi devrait bientôt être accessible au grand public à condition que l’Italie, la Grèce et la France donnent leur accord."


Mise à jour au 30 août 2007 : voici la petite vidéo supportant l'opération de Cyril




8/27/2007

Histoire d ' une étoile filante

J'ai abordé à plusieurs reprises la problématique de l'intensité de la vie par rapport à la durée...

Je voulais vous parler d'une jeune femme qui en est un exemple remarquable. Sa vie fût brève, 32 ans, mais particulièrement intense. Jugez plutôt. Elle fait ses études au lycée militaire de Saint Cyr l'Ecole. Comme elle aspire à l'excellence (elle me pardonnera, j'en suis sûr cette petite pique traditionnelle à nos camarades de Saint Cyr l'Ecole), elle rejoint le Prytanée pour faire ses classes de Math Sup. Elle est reçue à l'école Normale et à Polytechnique. Femme d'actions autant que de tête, elle décide d'intégrer Polytechnique et rejoint l'armée de l'air en fin de cycle. Caroline Aigle, puisque c'est d'elle qu'il sagit, ne pouvait qu'être prédestinée à tutoyer les cieux. Elle est brevetée pilote de chasse le 28 mai 1999, devenant ainsi la première femme française à obtenir cette qualification. Non contente d'être ce que l'on appelle une grosse tête, c'est aussi une sportive accomplie qui pratique le triathlon avec la même réussite que pour ses études (championne de france militaire en 1997, championne du monde militaire par équipe en 1999...). C'est aussi une femme. Mariée, 2 enfants. La maladie qui va l'emporter en moins d'un mois ce 21 août 2007 est à l'image de sa vie, intense et foudroyante.

Intelligente, bien faite, sportive de haut niveau, femme, mère, il ressort des commentaires laissés sur le site mis en place à cette occasion (http://armee-de-lair.over-blog.fr/) - 674 à l'heure où j'écris, qu'elle était également une bonne personne, disponible et modeste.

J'écris dans l'espoir de contribuer modestement à ce que sa mémoire perdure et puisse servir de modèle ou de motivation à ceux qui seraient en mal de repères. Une étoile filante est passée dans notre histoire. Faites un voeu !



8/22/2007

Les vacances de M. Bush et petit d étour par Guantanamo

Si j'ai bien entendu à la radio ou à la télé en passant, M. Bush accepterait volontiers de venir passer des vacances en France à la condition qu'on lui mette à disposition une piste de VTT.

Plus que les actions menées depuis sept ans, voilà qui résume parfaitement le niveau intellectuel qui a gouverné l'un des pays les plus importants de notre planète, dans une période où il nous aurait fallu et pour de nombreuses années encore du tact, du doigté, de l'intelligence. Voilà qui résume une vision du monde, une conception des relations internationales digne des plus profonds abrutis. J'aurais pu chercher une excuse au titre que M. Bush vient de perdre son cerveau il y a peu en la personne de Karl Rove, ce qui l'oblige désormais à parler seul. Trop facile. Initialement, je me suis dit qu'il faudrait établir à l'attention de ce goujat un programme touristique et culturel capable de valoriser les atouts de notre cher vieux pays. Pour lui prouver qu'il y a bien d'autres choses à faire que du VTT. Pour lui donner envie de découvrir des choses délicieuses. Finalement, je me dis que ce serait s'échiner en vain, ce qui serait le comble pour venir en aide à un ancien alcoolique.

Lorsque vous serez en vacances du pouvoir - allez plus que quelques mois à tenir, ne les prenez pas chez nous. Vous ne méritez que les vols charters et les hôtels proposant des prestations full-inclusive.

Je profite de cette note sur M. Bush pour vous inviter à regarder, si vous le pouvez, le film actuellement diffusé sur Canal+ : "The Road to Guantanamo". C'est l'histoire de 4 pieds-nickelés anglais d'origine pakistanaise qui se rendent au Pakistan fin 2001 (vous savez, après le 11 septembre...) pour le mariage de l'un d'entre eux. Sur place, ils entendent beaucoup de choses à propos de l'Afghanistan voisine et décident (vous me direz, ce n'est pas forcément intelligent, mais à jeunesse en mal d'aventures...) d'aller voir sur place ce qui s'y passe. Après quelques péripéties, ils vont finalement se retrouver dans l'une des zones de conflits où des Talibans s'étaient retranchés. Ils font ainsi partie de la masse de prisonniers qui sont faits sur place et sont livrés aux Américains, convaincus ou à qui l'on a certifié que ces paysans armés sont l'élite des combattants d'Al-Qaeda. La suite est édifiante puisque d'interrogatoires en interrogatoires, les 3 jeunes (l'un se perd en route) se retrouvent à Guantanamo où ils vont passer plusieurs mois à subir des tortures physiques et mentales. Ils ne céderont jamais et refuseront toujours de signer quoi que ce soit ou d'avouer ce qui n'était pas vrai pour eux. On ne peut qu'être abasourdi, puis écoeuré du comportement des Américains... Des séquences d'archives de ce qui se disait au travers de la presse entrecoupent le film et permettent de mettre en exergue le décalage entre les relais des médias et la réalité. C'est ainsi que l'on a le droit à l'extrait de M. Bush le jour où il a déclaré que Guantamo présentait toutes les conditions satisfaisant au respect des droits de l'homme et aux conventions de Genève et qu'il ne fallait pas oublier que les prisonniers étaient des ennemis sans pitié qui ne partageaient pas nos valeurs (valeurs occidentales s'entend).

Très sincèrement, je ne partage pas ces valeurs non plus si elles reposent sur le mensonge et la torture. Je suis de ceux qui pensent que quels que soient les ennemis que l'on doit affronter, on se doit, par respect pour nos valeurs morales, de toujours faire preuve de respect. De s'élever au-dessus d'eux, non de se rabaisser à leur niveau. Je sais que ce n'est pas toujours simple et qu'il est parfois plus facile de céder à la tentation de frapper un peu pour obtenir des aveux. Dans ces cas-là les bourreaux sont toujours ceux qui frappent. Guantanamo est une tâche (politique, juridique, morale, humaine) qui risque de peser lourd dans l'histoire de nos valeurs occidentales. Il serait temps que l'on cesse de laisser croire que les Etats-Unis sont dépositaires des valeurs occidentales. Que les Etats-Unis soient un modèle économique, d'accord. Qu'ils soient un modèle social et politique, sûrement pas. Il serait également temps que nos intellectuels se bougent la plume pour exiger la fermeture de cette verrue qu'est Guantanamo. Eux qui ont été si prolixes il y a quelques années pour voler au secours de Dubrovnik, qu'attendent-ils pour agir ? Il est vrai que Guantamo ne permet pas de faire de longs textes valorisant l'érudition culturelle et historique comme c'était le cas de Dubrovnik. Et Guantanamo, c'est loin. Mais il y a sûrement matière concernant ce sujet à produire un texte aussi fort que le "J'accuse" de Zola. Un texte qui expliquerait ce que sont les valeurs occidentales, et qu'en conséquence il est impératif que les Etats-Unis ferment ce camp d'internement qui nous fait honte à tous.

Je sais que je n'ai pas une écriture qui facilite toujours les commentaires, mais pour une fois, j'aimerais vraiment vous entendre sur ce sujet. Qui sait ? Peut-être qu'une pétition en ligne pourrait avoir son utilité : un beau texte digne de Zola (mais qui l'écrit ?), traduit en autant de langues qu'il le faut (dont l'américain, mais avec des mots simples alors pour être sûrs qu'ils comprennent), un formulaire de pétition, un peu de soupçon de viral pour démultiplier le nombre de signataires... et peut-être qu'un beau matin, nous aurons participé au renforcement des valeurs qui fondent nos sociétés occidentales.



Mains ET par Michel Ange

Michelange_mains


8/21/2007

Odeur du temps

Mon gros lapin blanc,

M. d'Ormesson, j'avais l'intention initiale de vous interpeller "Maître", mais j'ai découvert entre temps que vous aviez répondu à Laurent Gerra que l'on pouvait vous appeler ou bien "Maître", ou bien "Mon gros lapin blanc". Ce fût d'ailleurs un étonnement de me découvrir autant de points communs avec Laurent Gerra au travers de sa critique concernant votre ouvrage : la découverte d'auteurs que j'étais censé connaître mais que vous faites découvrir mieux que quiconque, Juliette Récamier, Cioran (qui fera certainement partie de mes prochaines lectures), cet adage latin "des livres ou des enfants"... si ce n'était irréaliste, je jurerai que Laurent Gerra s'est introduit dans mon cerveau en train de réfléchir à ce que je pourrai dire de votre livre. Il n'y a qu'un point sur lequel je ne suis pas d'accord avec vous c'est votre formule concernant l'informatique. Promis, je vous expliquerai pourquoi dans une note prochaine. 

Odeur du temps"Odeur du temps" est un recueil de vos chroniques publiées dans Le Figaro depuis, depuis bien des années en somme puisque vous avez démarré l'année où mes parents se sont donnés pour se survivre, à ma plus grande satisfaction quelques mois plus tard. "Odeur du temps", avec vos précédents ouvrages sur la littérature française (Une autre histoire de la littérature française I et II), devrait être obligatoire à l'achat de tout lycéen alors qu'il va commencer à se voir imposer des lectures surgies d'un autre temps, qu'il va devoir caser entre quelques SMS, quelques blogs, quelques émissions TV. Pour ma part, ces trois ouvrages sont à l'entrée de ma bibliothèque. Ils sont  mon recueil, mon index, avant de me rendre chez mon libraire préféré - j'ose vous le dire, c'est un libraire virtuel du nom d'Amazon, mais qui permet de recevoir des objets réels que l'on prend plaisir à corner pour en marquer tous les endroits mystérieux qui nous ont un instant donné exaltés. Il me suffit d'ouvrir Odeur du temps au hasard pour sélectionner un ouvrage, ou un auteur à lire assurément. Pour tout vous dire, j'ai égaré votre premier tome. A un ami qui me demandait il y a quelques années ce qu'il pouvait recommander à son amie américaine qui souhaitait en connaître un peu plus sur la littérature française, je lui ai confié en prêt le premier des tomes car cela me semblait le meilleur ouvrage qui fût pour qu'un étranger comprenne, un peu, l'histoire de nos lettres. Celle-ci s'en est allée avec mon livre, malheureusement (ou heureusement si l'on considère qu'un tel ouvrage circule quelque part aux Etats-Unis).

Je vous en veux un peu Mon gros lapin blanc de n'avoir écrit ces livres plus tôt, du temps où j'étais lycéen et que je ne comprenais pas toujours l'intérêt de lire ce que l'on nous imposait. Ce qu'il me manquait, je m'en rends compte à présent, c'était le contexte du récit, l'histoire qui va autour. Mais c'était surtout cette qualité que vous avez de donner envie. Lorsque vous présentez un livre ou un auteur, on commence déjà à rêver, et on regrette immédiatement de ne pas avoir le dit ouvrage sous la main pour en attaquer aussitôt la lecture et découvrir ce qui vous met dans de tels états de joie et d'intelligence. Ce qui vous caractérise le mieux c'est sûrement l'érudition, mais teintée de légèreté, d'un presqu'humour anglais et d'une écriture simple. Du reste, lorsque vous même portez le masque de l'auteur et nous offrez La douane de mer, l'Histoire du juif errant, la création du monde...  c'est un enchantement autrement plus intelligent que le Da Vinci Code. Le résultat est le même, on ne lâche pas l'ouvrage jusqu'à la fin, mais on en sort un peu moins abruti. Vous êtes un serrurier mon Gros lapin blanc. Les livres ont des serrures. Vous avez les clés. Vous nous les offrez.

Ce que je pressens mon Gros lapin blanc, c'est que votre intelligence et votre esprit vont plus vite que votre plume et qu'il faudrait que la Pensine de Dumbledore existât vraiment pour que nous profitions encore longtemps de vos analyses et de vos récits. Hâtez-vous d'écrire, encore.


8/20/2007

Vous n ' aurez pas le dernier mot

Petite anthologie désinvolte des plus belles répartiesJean Piat et Patrick Wasjman ont rassemblé un recueil d'environ 200 réparties consistant à clouer le bec de son interlocuteur. Cela peut se lire dans tous les sens : d'une traite, au hasard, par index d'auteurs... C'est toujours drôle et confirme que la langue est un des plus beaux terrains de jeu pour l'esprit.

Je me permets de vous proposer deux amuses-bouche (ou amuses-bouches, ou amuse-bouches - ???) :

"Louis XV apostrophe le marquis de Bièvre :
- Marquis, on dit que faites des calembours sur n'importe quel sujet. Faites-en un sur moi !
- Impossible, Sire : Votre majesté n'est pas un sujet !"

Epoque Napoleon III. Le polémiste Henri Rochefort est convoqué au tribunal. On découvre sur lui une arme.
Le Président du tribunal, furieux de cette découverte :
- Voudriez-vous nous dire qui vous aviez l'intention d'assassiner à présent ?
- Conclusion hâtive, monsieur le Président. Permettez-moi d'en apporter la preuve : j'ai en ce moment sur moi tout ce qu'il faut pour commettre un attentant à la pudeur... or je vous assure que l'idée ne m'en effleure même pas !"


Pens ée 117

L'important pour l'Homme n'est pas tant de savoir d'où il vient, mais jusqu'où il peut s'élever.


8/14/2007

Pens ée 116

Quand on dit de quelqu'un que c'est un homme du monde, c'est souvent exagéré. Sa réputation ne dépasse en général guère le périphérique parisien.


8/07/2007

Le p ère Gilbert

A Asnières, il y a une rue baptisée "Révérend Père Christian Gilbert". Or, vous connaissez sans doute le prêtre Guy Gilbert (qui publie d'ailleurs un article dans le Figaro en hommage au décès de Monseigneur Lustiger).

Je me demandais : Christian, c'est le père de Guy ?


Traitement de l ' eau sal ée

Alors que la désalinisation de l'eau de mer devient un enjeu crucial pour l'avenir, j'ai été surpris l'autre jour lors d'une émission (Carnets de plongée sur Planète Thalassa) de découvrir que les palétuviers semblaient capables de réaliser un tel traitement. Cela provoque des excroissances (sous forme de boules) de sel sur leurs branches... Encore une bonne source naturelle d'inspiration pour nos chercheurs.




8/06/2007

Question de timing

Etant un peu perdu sur je ne sais plus quelle chaîne du sattellite, j'ai parcouru la Nouvelle Zélande en train...

La ligne Auckland / Wellington traverse ainsi une zone volcanique. EN 1953, le stratovolcan Ruapehu déverse un torrent de boue volcanique. Au même moment, le train qui fait la liaison Auckland / Wellington est en route. Il s'engage sur un pont ferroviaire au moment précis où le torrent de boue s'abat sur ce même pont et emporte le tout (il y aura 151 morts).

Je trouve assez incroyable cette conjonction de temps... Il faut ajouter la présence à ce moment là de la Reine Elizabeth en visite en Nouvelle Zélande pour que le tableau soit complet.




Acide sulfurique

Acide sulfuriqueCette petite histoire d'Amélie Nothomb s'attaque au sujet de la télé-réalité (concept qui est véritablement un non sens tant ce qui est présenté dans ces émissions est éloigné de la réalité...).

Elle n'y va pas par quatre chemins puisque l'émission qu'elle présente n'est rien d'autre qu'un camp de concentration. Elle y décrit parfaitement les positions de tous les acteurs concernés : la production, le chaîne de télé, le spectateur, le participant (victime et bourreau), les biens pensants analystes et commentateurs, les politiques...

Tout cela ne serait pas inquiétant si un cran supplémentaire dans la réalité n'avait pas été franchi avec une émission comme Secret Story. Je ne pourrai pas vous parler davantage de cette émission, ne l'ayant jamais regardé. Le concept en lui-même m'a suffi pour ne jamais faire ne serait-ce qu'un petit acte de voyeurisme ethnologique...